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Vendredi 18 Octobre 2013

Prédire l’impact des inondations d’ici 2100 : est-ce possible?

Une vue du pont entre Lamèque et Pointe-Alexandre le 25 juin 2013, durant la basse mer inférieure de grande marée (à gauche) et la pleine mer supérieure de grande marée (à droite). Une différence d’environ deux mètres sépare ces deux niveaux. L’ouverture du pont pour le passage de l’eau est complètement submergée lors de ces grandes marées hautes qui ne surviennent qu’environ huit fois l’an. Une tempête ayant lieu durant une telle marée provoquera une inondation plus élevée qu’à marée basse ou à des marées hautes normales. De plus, si le niveau marin devient plus élevé, le niveau potentiel d’inondation sera aussi plus élevé. Le risque futur que ce pont soit débordé par une tempête et que cette importante voie d’accès soit coupée n’est pas connu. Néanmoins, sachant qu’une tempête peut augmenter temporairement le niveau de l’eau d’un mètre et que, vers 2100, le niveau marin sera d’environ un mètre plus haut que le niveau actuel, on peut imaginer, en regardant la photo de droite, ce que le niveau d’inondation extrême d’une tempête pourrait provoquer dans un siècle. Photos : François Savoie-Ferron.
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Un projet de recherche portant sur les inondations d’ici 2100 et mené par André Robichaud, professeur de géographie et de gestion intégrée des zones côtières à l’Université de Moncton, campus de Shippagan (UMCS), a débuté en juin 2013 pour apporter des réponses aux interrogations des communautés côtières quant à leur impact sur leurs côtes.

Subventionnée par le Fonds en fiducie pour l’environnement du Nouveau-Brunswick1 qui a pour objectif d’offrir « une aide pour les projets visant à protéger, à préserver et à embellir l'environnement naturel de la province par des résultats mesurables tangibles », l’étude porte sur les scénarios d’inondations possibles d’ici 2100 à Lamèque, ville partenaire du projet. François Savoie-Ferron, un étudiant du baccalauréat en gestion intégrée des zones côtières (BGIZC) de l’UMCS et originaire de Chiasson Office, a été embauché pour ce projet, faisant ainsi valoir son expertise en la matière.

Selon monsieur Robichaud, « même si François Savoie-Ferron n’a pas encore obtenu son baccalauréat, il a su apporter une contribution substantielle au projet. Il a participé, entre autres, à la préparation d’une cartographie des infrastructures de la ville, à l’établissement du plus haut niveau de marée dans le secteur, à des relevés de terrain, à l’analyse de données marégraphiques et de photographies aériennes, et bien d’autres aspects. Puisqu’il est natif de la région et amateur de « kitesurf », il connait bien la mer et la côte ».

Les étudiants du BGIZC sont d’ailleurs en demande pour appuyer de telles études, par exemple dans celles des autres professeurs de l’UMCS associés au baccalauréat et celles des chercheurs de l’Institut de recherche sur les zones côtières à Shippagan (IRZC).

Une entreprise de la région est aussi mise à contribution dans le projet. Monsieur Robichaud souligne l’importance d’avoir à sa disposition et à proximité des spécialistes et des professionnels. « La compagnie Geomediatix, située à Shippagan, spécialisée en géomatique et en système d’information géographique, a déjà une expertise dans la cartographie de l’érosion et des inondations côtières. Inuk Simard, directeur de l’entreprise, a travaillé à d’autres projets semblables et apporte donc une contribution essentielle et une grande précision technique ».

L’implication du ministère des Ressources naturelles de la province a aussi été importante : « Dominique Bérubé, géomorphologue côtier de ce ministère, s’intéresse à ces problèmes et il nous a donné son appui en prenant certaines mesures essentielles sur le terrain. Comme on le voit, ce genre d’étude demande beaucoup d’efforts de collaboration : les secteurs public et privé, les communautés et les établissements d’enseignement ».

Concrètement, Monsieur Robichaud cherche à établir la hauteur maximale que pourraient atteindre les inondations durant les tempêtes en tenant compte de la hausse du niveau de la mer qui pourrait avoir un mètre de plus que le niveau actuel. D’autre part, il cherche aussi à situer les zones à risque affectant les infrastructures. En effet, pour mieux planifier les aménagements futurs, les municipalités voient la nécessité de mieux prévenir les impacts possibles des inondations au 21e siècle. De plus en plus, on comprend qu’une tempête entrainant un certain niveau d’inondation de nos jours atteindra un niveau plus élevé dans l’avenir . Mais jusqu’où? Il est difficile pour les municipalités de faire ces prévisions à même leurs ressources, d’où le recours à une certaine expertise. Le Fonds en fiducie de l’environnement semble encourager les études qui permettent aux municipalités de mieux s’outiller aux effets des changements climatiques comme la hausse du niveau marin. Le projet en cours cherche justement à offrir un tel outil en plus de développer une technique qui facilitera l’évaluation des impacts futurs des inondations tout en étant applicable dans d’autres communautés. Il devrait être complété en février 2014. Une série de cartes de la région de la ville de Lamèque, montrant la hauteur d’eau potentielle atteinte lors des futures tempêtes et les infrastructures à risque d’inondation, seront présentées aux autorités de la Ville.

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1 – Géré par le ministère de l’Environnement et des gouvernements locaux. Site internet : http://www2.gnb.ca/content/gnb/fr/services/services_renderer.13136.html
Source : Service des communications, Campus de Shippagan
Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate -
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