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Mercredi 26 Septembre 2012

Colloque : CRLA et CoDiRe et IRFFLE - la construction discursive du « locuteur francophone » en milieu minoritaire

Le Centre de recherche en linguistique appliquée de l’Université de Moncton et CoDiRe & IRFFLE de l’Université de Nantes présentent le deuxième volet d’un colloque international, ayant comme thème « La construction discursive du “locuteur francophone” en milieu minoritaire. Problématiques, méthodes et enjeux », du 3 au 6 octobre au campus de Moncton.

Ce deuxième volet est organisé en collaboration avec le projet « Le français à la mesure d’un continent », dirigé par France Martineau de l’Université d’Ottawa et subventionné par le Conseil de recherches en sciences du Canada dans le cadre des Grands travaux de recherche concertée, et du Centre d’études françaises et francophones de la Louisiana State University de Bâton Rouge. Le premier volet de ce double colloque, intitulé « Sens et signification dans les espaces francophones », a eu lieu à Nantes du 19 au 21 avril. Un troisième volet est prévu autour de la thématique générale de ce double colloque en octobre 2013 à Bruxelles.

L’objectif du colloque est d’interroger les concepts et les discours qui ont servi à la construction du « francophone », considéré souvent comme le même partout dans la francophonie, sans tenir compte de l’hétérogénéité et de la diversité qui le constituent. Jugés à l’aune d’un français unique, les francophones des milieux minoritaires ou périphériques se voient parfois remis en doute dans leur qualité même de locuteurs du français.

Par ailleurs, le discours portant sur la diversité devenu dominant depuis les années 1980 n’a pas pour autant réglé le problème. Le francophone est maintenu à l’intérieur de frontières territoriales et identitaires étroites, ce qui donne lieu à une multitude d’identités régionales rattachées à des « langues locales » et qui reproduisent, dans certains cas, le schéma ancien d’une langue et d’une culture liées à un lieu spécifique, comme c’est le cas en Amérique du Nord.

Ce processus a été accéléré par la nouvelle économie mondialisée où le tourisme culturel a notamment misé sur le culte des différences. Dans la foulée de cet élan pour les « cultures locales », les travaux sur la langue du francophone ont, dans le meilleur des cas, montré la pluralité des formes que peut prendre sa langue, mais dans certaines limites (sur le plan phonétique et lexical surtout); dans le pire des cas, ils ont figé cette langue dans l’exotisme linguistique qui mène à la stéréotypie. Le francophone ne devient plus qu’un diversifié - un Acadien, un Québécois, un Wallon, enfermé dans une catégorie stérile dont il a du mal à se défaire. Certes, la situation est différente en Afrique où le plurilinguisme des locuteurs est maintenant perçu comme libérateur, mais l’impact des discours essentialistes provenant de l’Europe (surtout de la France) n’est pas non plus à négliger.

On posera donc les questions suivantes : Quels discours les scientifiques ont-ils produits sur les « francophones » et leurs langues en milieu minoritaire ? Comment ces discours ont-ils été relayés dans le grand public ? Que veut dire le terme « francophone » pour les locuteurs des régions périphériques ? Est-il lié à une identité quelconque ? Quels sont les discours des locuteurs eux-mêmes au sujet de leurs pratiques et de celles des autres ? Quelles sont les stratégies les plus couramment en usage pour se positionner entre uniformisation et différenciation ? Comment ces discours sont–ils liés aux discours institutionnels de la francophonie ? Quels sont les rapports de pouvoir qui s’exercent et comment se manifestent-ils ? Même si tous les francophones vivant dans les milieux périphériques n’ont pas été colonisés au sens propre, leur imaginaire n’a-t-il pas été façonné dans un rapport de type colonial ? Ce sont ces questions et à d’autres encore sur lesquelles les participantes et les participants seront invités à réfléchir dans le cadre de ce colloque international.

La conférence d’ouverture du colloque, intitulée « Homo francophoniensis : réalité ou être de papier ? », sera prononcée par Jean-Marie Klinkenberg, de l’Université de Liège, le mercredi 3 octobre à 18 h 45 au Centre des arts et de la culture de Dieppe.

Renseignements : 506-858-4057
Source :
Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate -
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