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Mercredi 12 Mai 2010

Ouvrage collectif sous la direction de Marie-Linda Lord - Lire Antonine Maillet à travers le temps et l'espace

La photo nous fait voir, de gauche à droite, Tony Tremblay, professeur au Département d'anglais à St. Thomas University et auteur d'un des textes du livre; Maurice Basque, directeur de l'Institut d'études acadiennes; Marie-Linda Lord, titulaire de la Chaire de recherche en études acadiennes qui a dirigé l'ouvrage; François Giroux, responsable du Programme d'information-communication et auteur d'un des textes; Antonine Maillet; Denis Bourque, professeur au Département d'études françaises et auteur d'un des textes; Blanca Navarro Pardiñas, professeure en études françaises et hispaniques au Campus d'Edmundston et auteure d'un des textes; et Herménégilde Chiasson, artiste en résidence à l'Université de Moncton et auteur d'un des textes.
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Le lancement d'un ouvrage collectif, Lire Antonine Maillet à travers le temps et l'espace, sous la direction de Marie-Linda Lord, titulaire de la Chaire de recherche en études acadiennes de l'Université de Moncton, a eu lieu dans le cadre de l'activité « Les mots à travers le temps et l'espace », organisée conjointement par la Faculté des études supérieures et de la recherche et le Festival Frye.

Publié par l'Institut d'études acadiennes dans la collection Pascal-Poirier, cet ouvrage examine sous divers angles et approches l'œuvre de l'auteure acadienne lue aux quatre coins de la planète.

Selon Mme Lord, la dernière publication importante sur l'œuvre d'Antonine Maillet remonte à plus de 20 ans alors que des chercheurs s'étaient intéressés à sa réception critique au Canada et dans les pays européens francophones. Ce nouvel ouvrage, qui offre des études de chercheurs de divers horizons géographiques et culturels, rend compte d'un rayonnement de l'auteure acadienne bien au-delà de la francophonie.

Les 12 textes du livre constituent une preuve de l'intérêt et de l'appréciation que suscite toujours les écrits d'Antonine Maillet. La pluralité des lectures analytiques et des regards contribue ainsi à mieux faire connaître son œuvre et facilite la compréhension d'un projet littéraire hors du commun amorcé il y a plus de 50 ans, le projet d'une véritable écrivaine, un projet de vie encore inachevé…

Le livre s'ouvre sur une préface signée par Lise Gauvin, ancienne présidente de l'Académie des lettres du Québec en 2008 et 2009, qui souligne qu'Antonine Maillet est un phare nous rappellant sans cesse le pouvoir des mots et du langage.

Dans son introduction, Marie-Linda Lord affirme que les 50 ans et plus de carrière littéraire d'Antonine Maillet s'imposent comme une occasion de la redécouvrir, de la relire et de constater qu'à travers le temps et l'espace, Maillet a imaginé un monde, a écrit une langue, a créé une œuvre, une œuvre originale et universelle qui traverse l'épreuve des années, voire des décennies.

Claude La Charité, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire littéraire de l'Université du Québec à Rimouski, rappelle la contribution importante, trop souvent occultée, de la thèse de doctorat d'Antonine Maillet intitulée Rabelais et les traditions populaires en Acadie, publiée en 1971. Son texte met en évidence le contexte, l'originalité et la postérité intellectuelle de sa thèse qui était déjà porteuse de toute son œuvre.

La professeure de littérature francophone et hispanique, Blanca Navarro Pardiñas, du Campus d'Edmundston, brosse une vue d'ensemble de la portée universelle de l'œuvre de Maillet en montrant que sa préoccupation des origines et la présence de mythes fondateurs de l'humanité trouvent écho au-delà des frontières de l'Acadie tels les contes d'Alice, la petite Cendrillouse, les aventures de Renart, les récits bibliques de Babel, l'arche de Noé, Adam et Ève en exil du Paradis, Jonas dans le ventre de la baleine, et tant d'autres.

Deux chercheurs de l'Université de Moncton s'approchent du noyau de l'oeuvre mailletienne en levant le voile sur le travail soutenu de l'auteure sur ses textes.

François Giroux, directeur du Programme d'information-communication, s'intéresse au chapitre premier du tapuscrit de Chronique d'une socière de vent, annoté par l'éditeur, et examine la nature du texte remanié par Maillet sur les conseils de l'éditeur. Il en arrive au constat que l'examen du prologue du tapuscrit, et surtout de ce qui en a été éliminé avant sa publication, nous donne un complément d'information sur le paradigme mailletien : celui du retour vers son enfance.

Denis Bourque, professeur de littérature acadienne, présente les premiers résultats obtenus en vue d'une édition critique de la pièce Les Crasseux qui a peu fait l'objet d'analyse en profondeur. Selon lui, cette pièce représente un grand intérêt en raison de sa portée sur l'ensemble de l'œuvre mailletienne et de l'intérêt que Maillet y a accordé comme l'attestent les nombreuses versions que l'auteure a travaillées à dix reprises sur une période de 11 ans. Le professeur Bourque démontre qu'il s'agit en fait de trois pièces plutôt que d'une seule.

Pour compléter le cœur de l'ouvrage, quatre chercheurs d'outre Acadie s'intéressent à l'humour mailletien et à Pélagie-la-Charrette. Tony Tremblay, de St. Thomas University, innove dans les études mailletiennes en explorant l'influence que l'humour de l'auteure acadienne a eu sur l'humour en langue anglaise dans sa province d'origine. M. Tremblay ose le rapprochement entre Antonine Maillet et Marshall Button, comédien anglophone qui interprète un personnage acadien nommé Lucien pour parler d'hybridation transculturelle.

De Suède, Birgitta Brown, possédant le doctorat en littérature comparée, approfondit l'étude de la transculturation en examinant ce phénomène dans Pélagie-la-Charrette, alors que Pélagie et des « lambeaux de famille » remontent le continent pendant dix ans et sont confrontés sans cesse à l'Autre qui est multiple. Tel que fictionnalisée par Maillet, cette réalité historique a eu une incidence réelle sur le développement de la nouvelle Acadie, une Acadie sans territoire.

Le texte suivant sur Pélagie-la-Charrette, du brésilien Renato Veñancio Henriques de Sousa, de l'Université d'État de Rio de Janeiro, met en valeur le rôle de l'oralité dans la reconstruction identitaire de l'Acadie. De Sousa établit un lien de parenté avec sa propre culture du Nouveau Monde et la polyphonie du roman qui met en lumière la tradition orale qui permet à Maillet de recréer l'Histoire et de contribuer à la mémoire collective.

Zuzanna Malinovska-Šalamonova, de l'Université de Prešov, en Slovaquie, complète ce groupe non francophone de critiques mailletiens en explorant l'arrivée du roman élagie-la-Charrette en 1983 dans son pays. Elle s'intéresse notamment à l'aventure qu'a été la traduction du Prix Goncourt 1979 en slovaque. Depuis cette traduction, le nom d'Antonine Maillet figure dans l'encyclopédie des œuvres littéraires de Slovaquie.

Dans un essai, le critique David Lonergan de Moncton explore le succès du Pays de la Sagouine, ce centre récréotouristique construit sur l'Île-aux-Puces à Bouctouche, qui rassemble des bâtiments très colorés et des personnages de Maillet dont le peuple a fait sien.

Le livre se termine avec un hommage personnel du poète et artiste multidisiplinaire Herménégilde Chiasson à Antonine Maillet. Ce témoignage souligne la contribution inestimable au paysage culturel, artistique et surtout littéraire de l'Acadie de celle qui a été son inoubliable professeure de littérature.

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Renseignements :
Marie-Linda Lord, au 858-4426
marie-linda.lord@umoncton.ca
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Source :
Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate -
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