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Mardi 08 Décembre 2009

L'énergie éolienne : une alternative à la vente d'Énergie NB?

La politique d'énergie éolienne du Nouveau-Brunswick n'a qu'un faible impact économique alors que le développement de ce secteur énergétique émergent pourrait être une alternative à la vente d'Énergie NB, estime le professeur Yves Gagnon, titulaire de la Chaire K.-C. Irving en développement durable, lors d'une conférence de presse cet avant-midi au Campus de Moncton.

En utilisant les données disponibles d'un groupe représentatif de parcs éoliens récemment construits ou en construction dans l'est du Canada, une étude de cas évaluant l'impact économique d'un projet de parc éolien générique de 100 mégawatts (100 MW) construit et exploité au Nouveau-Brunswick a été développée par la Chaire K.-C. Irving en développement durable et la Chaire des caisses populaires acadiennes en gestion des coopératives. On utilise pour fins de comparaison, le parc éolien de Kent Hill, possédé par le groupe albertain TransAlta près de Moncton, un parc éolien de 96 MW, et le parc éolien de Caribou Mountain, possédé par la multinationale française GDF Suez près de Dalhousie, un parc éolien de 99 MW.

Les données présentées démontrent que la phase de construction d'un parc éolien de 100 MW peut engendrer jusqu'à 34 millions $ de dépenses provinciales directes, ce qui créerait l'équivalent de 81 années-personnes d'emplois directs tout en produisant 144 années-personnes d'emplois indirects et induits, pour un revenu global de 2 millions de dollars en taxes pour le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Ces impacts sont indépendants du type de propriété du parc éolien.

« D'un point de vue économique, les dépenses provinciales directes totales pour construire un parc éolien de 100 MW au Nouveau-Brunswick sont relativement faibles, affirme le professeur André Leclerc, titulaire de la Chaire des caisses populaires acadiennes en gestion des coopératives. Les dépenses totales directes au Nouveau-Brunswick pour construire un parc éolien de 100 MW sont équivalentes selon une évaluation récente au double du montant dépensé par les visiteurs qui ont assisté au concert des Rolling Stones à Moncton en 2005. »

Concernant la phase d'exploitation et d'entretien du parc éolien, les données démontrent que neuf emplois directs peuvent être créés, tout en produisant huit emplois indirects et induits pour un revenu annuel d'environ 935 000$ en taxes pour le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Ici encore, ces impacts sont indépendants du type de propriété du parc éolien.

D'autre part, les profits générés par un parc éolien de 100 MW peuvent atteindre 200 millions $ sur les 25 années du cycle de vie du projet. De plus, étant donné que ces estimations ne prennent pas en considération les revenus éventuels des échanges de crédits de carbone, ces profits pourraient être encore plus élevés lorsque les marchés du carbone seront intégrés dans l'économie.

« Alors qu'il est difficile de quantifier l'impact économique de tels revenus, il est clair que l'impact économique principal d'un parc éolien de 100 MW se fait à travers la propriété du parc éolien et ainsi par le contrôle des profits » ajoute le professeur Leclerc.

Le mode actuel de développement de l'énergie éolienne au Nouveau-Brunswick, où des processus de demandes de propositions sont utilisés pour attribuer les ententes d'achat d'électricité aux producteurs d'énergie de l'extérieur de la province, génère un impact économique relativement faible en comparaison à la richesse créée pour les propriétaires des parcs éoliens.

Une étude récente, commandée par le gouvernement du Nouveau-Brunswick et réalisée par la firme experte Ea Energy Analyses du Danemark, a démontré que le Nouveau-Brunswick pourrait installer jusqu'à 4 000 MW de capacité éolienne avec une utilisation efficace des réseaux de transmission existants dans la région et avec une collaboration régionale accrue entre les provinces maritimes et la Nouvelle-Angleterre, avec le Québec fournissant la puissance nécessaire pour équilibrer les réseaux.

« Alors qu'il y a beaucoup de détails à analyser, une extrapolation des résultats d'un parc éolien de 100 MW avec une capacité totale installée de 4 000 MW en énergie éolienne indique que les profits pourraient être de l'ordre de 300 millions $ par année, ou un total global de plus de sept milliards de dollars sur les 25 ans du cycle de vie des parcs éoliens, poursuit le professeur Yves Gagnon. Une stratégie agressive de développement de l'énergie éolienne pourrait être une alternative à la vente d'Énergie NB, tout en réalisant la majorité des éléments présentement en négociation avec Hydro-Québec. »

La Chaire K.-C.-Irving en développement durable et la Chaire des caisses populaires acadiennes en gestion des coopératives continueront à participer à l'important débat concernant la vente d'Énergie NB à Hydro-Québec. D'autres travaux des deux groupes de recherche seront publiés à mesure qu'ils seront disponibles.
Source :
Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate -
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