
| Jessica Arseneau | Rodrigue Jean |
| Jennifer Bélanger | Mathieu Léger |
| Louise Bourque | Marc Paulin |
| Amanda Dawn Christie | Angie Richard |
| Christine Comeau | Tracey Richard |
| Carole Deveau | Stefan St-Laurent |
| Mario Doucette | Angela Thibodeau |
| Daniel H. Dugas |
22 OCT – 13 DÉC | DEC 2026

fr
La célébration de quatre décennies de cinéma francophone présenté en Acadie, c’est aussi une reconnaissance des productions en cinéma et en arts médiatiques qui ont été réalisées ici. Ainsi, il va sans dire que l’histoire du Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA) témoigne de l’évolution des pratiques en arts visuels qui explorent les technologies de l’image et du son. Cet important élément de notre environnement culturel a également été un terrain fertile pour les artistes et une occasion d’explorer de nouvelles avenues de création.
L’ouverture du Studio Acadie de l’Office national du film, en 1974, marque un tournant important pour le cinéma acadien. Une décennie plus tard, en marge du Sommet de la Francophonie de 1987, un festival du film voit le jour afin de faire découvrir le cinéma de la francophonie internationale aux francophones et francophiles de l’Atlantique, tout en contribuant au rayonnement du cinéma acadien.
D’abord axée sur la francophonie internationale, la programmation du festival accorde progressivement une plus grande place au cinéma acadien au fur et à mesure qu’il gagne en maturité. Alors que la majorité de la production acadienne s’inscrit dans la tradition documentaire, des artistes comme Rodrigue Jean et Louise Bourque ouvrent la voie à des approches plus expérimentales, à la croisée du cinéma, de la vidéo d’art et des arts médiatiques. C’est dans ce contexte que la présentation de vidéos d’art et la tenue d’ateliers de cinéma expérimental sont graduellement intégrées à la programmation du festival vers la fin des années 1990.
En 1997, un atelier intitulé Devenez cinéaste d’un jour permet à quinze personnes participantes de réaliser des films en Super 8, lesquels sont ensuite présentés lors d’une soirée qui prendra le nom d’Acadie Underground dès l’année suivante. À partir de la fin des années 1990, un volet consacré aux nouveaux médias est développé grâce à l’obtention de nouveaux financements, de l’ambition de visionnaires comme Judith Hamel et Stefan St-Laurent et de la présence continue d’artistes à la barre de la programmation du festival. C’est en 1999 que le FICFA présente un premier programme d’arts médiatiques nommé Un nouveau monde, qui comprend des installations de cédéroms et des œuvres vidéo présentées au magasin Future Shop, à la librairie Chapters et lors des Ciné-rencontres du Centre culturel Aberdeen. Cette première initiative inspire ainsi le développement continu d’une programmation qui sort des espaces de diffusion habituels.
Au tournant du siècle, l'émergence du mouvement KINO, qui promeut la réalisation de films sans budget et dans un esprit d’entraide, ainsi que l’accessibilité croissante des outils et des technologies de production vidéo contribuent à démocratiser la création audio et vidéo à une époque où aucune formation en arts médiatiques n’est encore offerte dans la région. Ces initiatives et ces outils jouent un rôle essentiel dans le développement des pratiques et dans l’émergence d’une nouvelle génération d'artistes dont les pratiques sont multidisciplinaires.
Dans le cadre du festival, une multitude de projets et de formations voient le jour au fil des ans, permettant aux artistes d’explorer de nouvelles techniques, d’investir différents espaces, de performer et de présenter leur travail dans un contexte professionnel et devant des publics intéressés par les diverses expressions de l’image en mouvement. Parmi les activités du Volet arts médiatiques figurent le Ciné-parc du VAM, Objectifs Obliques, Séances Éphémères et les premières expérimentations en VJing et en mapping vidéo.
Parallèlement, les espaces d’exposition du Centre culturel Aberdeen sont pleinement mis à profit et la Galerie Sans Nom devient partenaire présentateur du VAM. Peu après, d’autres organismes comme la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen et l’Atelier d’estampe Imago se joignent à cette initiative. Cette collaboration entre plusieurs acteurs du milieu contribue à ancrer une tradition d’occupation de divers espaces de diffusion qui se poursuit encore aujourd’hui, notamment par la participation de trois lieux de diffusion à cette exposition rétrospective.
Le 40e anniversaire du Festival international du cinéma francophone en Acadie a motivé la réalisation de cette exposition qui propose de revisiter quelques œuvres et films présentés dans le cadre du festival depuis ses débuts. Le répertoire que crée l’ensemble de la production du Volet arts médiatiques est impressionnant et bien plus vaste que l’on aurait pu le croire à ses débuts. La sélection d’œuvres met donc l’accent sur les premiers films expérimentaux présentés en salle et les projets d’installation qui ont fait satellites à la programmation du festival. L’exposition comprend aussi un clin d’œil à Acadie Underground, un pilier important de l’élan du développement du cinéma indépendant dans la région, ainsi qu’à Objectifs Obliques qui a ensuite prolongé cette lancée. Traversant les technologies analogiques et numériques, cette Mix Tape met en lumière une facette importante de l’histoire des arts médiatiques en Acadie et témoigne de l’essor des pratiques qui ont façonné le milieu au cours des quarante dernières années.
Angèle Cormier et Nisk Imbeault, commissaires
Exposition organisée par le Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen et présentée en partenariat avec l’Atelier d’estampe Imago et la Galerie Sans Nom dans le cadre du Volet arts médiatiques du FICFA
en
Celebrating four decades of Francophone filmmaking in Acadie also means recognizing film and media art projects that were produced in this region. It goes without saying, then, that the history of the Festival international du cinéma francophone en Acadie (International Francophone film festival in Acadie, or FICFA) reflects the evolution of visual art practices that explore image and sound technologies. This important element in our cultural environment has also been a fertile ground for artists, and an opportunity to explore new creative channels.
The opening of Studio Acadie by the National Film Board in 1974 marked an important turning point for Acadian film. A decade later, on the sidelines of the Francophonie Summit in 1987, a new film festival was launched to showcase international Francophone films to Francophones and Francophiles from the Atlantic provinces, while increasing the exposure of Acadian cinema.
Although primarily focused on the international French-speaking community, the festival’s programming gradually made more room for Acadian films as that creative scene evolved. And while most Acadian productions were documentary based, artists such as Rodrigue Jean and Louise Bourque paved the way for more experimental approaches that combined film, video, and media arts. This context helped to expand the festival’s programming to encompass video art and experimental film workshops in the late 1990s.
In 1997, a workshop titled Devenez cinéaste d’un jour (Filmmaker for a Day) allowed fifteen participants to create Super 8 films that were screened at an evening event that would come to be known as Acadie Underground. In the late 1990s, thanks to new funding, the visionary ambition of Judith Hamel and Stéfan St-Laurent, and the ongoing involvement of artists at the helm of the festival’s programming, a segment devoted entirely to new media was launched. In 1999, FICFA presented its first media arts program titled Un nouveau monde, which included CD-ROM installations and videos presented in commercial stores including Future Shop and Chapters, and during the Ciné-rencontres at the Aberdeen Cultural Centre. This first initiative inspired organizers to continue programming works in non-traditional venues.
In the early 2000s, the rise of the KINO movement—which promoted a no-budget, collaborative approach to filmmaking—along with the growing availability of video software and technology, helped democratize the creation of video and audio works at a time when no media arts courses were offered in the region. These tools and initiatives played a key role in the development of these practices and in the emergence of a new generation of multidisciplinary artists.
As part of the festival, a wide variety of projects and workshops were offered over the years, allowing artists to explore new techniques, occupy different spaces, and perform or present their work in a professional context for audiences who were eager to experience alternative expressions of the moving image. Among the VAM’s activities were Ciné-parc du VAM, Objectifs Obliques, Séances Éphémères, and the first experiments in VJing and video mapping.
In addition, the Aberdeen Cultural Centre’s galleries were used to their full potential, and Galerie Sans Nom became a presenting partner of VAM. They were soon joined by other venues such as the Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen and Imago Artist-Run Print Studio. This collaborative effort between several of Moncton’s cultural organizations helped establish the multi-venue tradition that continues to this day, as evidenced in the involvement of three separate centres for this retrospective exhibition.
FICFA’s 40th anniversary was the inspiration behind this exhibition, which looks back at some of the works and films that have been presented as part of the festival since its very beginning. The VAM’s overall repertoire is impressive and far broader than we could have imagined at the start. The works on view here foreground the first experimental films that were screened in the gallery, and the installations that were presented as satellite projects to the festival. The exhibition also includes a nod to Acadie Underground, an important pillar that fuelled the development of independent filmmaking in the region, as well as Objectifs Obliques, which carried this momentum forward. Showcasing both analog and digital technologies, Mix Tape highlights an important facet in the history of media arts in Acadie and reflects the advancement of practices that have shaped this creative milieu over the past forty years.
Angèle Cormier et Nisk Imbeault, Curators
Exhibition organized by Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen and presented in partnership with Imago Artist-Run Print Studio and Galerie Sans Nom as part of FICFA