Recherche / Research

Mes activités de recherche se divisent en deux axes:

Influences de l'adiponectine et de la résistine sur la transcriptomique des cellules de Leydig

L'obésité chez les hommes est associée à une diminution de la production de testostérone et peut être responsable d’un nombre réduit de spermatozoïdes, conduisant à des problèmes de fertilité. Selon l'Organisation mondiale de la santé en 2014, plus de 38% des hommes adultes sont en surpoids (IMC supérieur à 25 kg/m2) et 11% obèses (IMC supérieur à 30 kg/m2). Le tissu adipeux est un organe endocrinien important qui sécrète plusieurs hormones, dont la leptine, l'adiponectine et la résistine. Ces hormones influencent le métabolisme énergétique, étroitement lié au diabète de type 2 et à l'obésité. Leurs rôles dans l'appétit, la résistance à l'insuline et l'athérosclérose ont été intensément étudiés, montrant une forte relation entre l'obésité et l'augmentation de la morbidité pour plusieurs maladies. Dernièrement, une relation directe entre l'obésité et la réduction de la production de stéroïdes et l'infertilité a été soulevée. L'adiponectine est l'hormone adipeuse la plus abondante sécrétée par le tissu adipeux (allant de 3 à 30 μg / ml) et joue un rôle important dans l'homéostasie du glucose et le métabolisme des lipides. Les concentrations sériques d'adiponectine sont inversement corrélées avec l'IMC et à l’accumulation de graisse viscérale. Les taux sériques diminués d'adiponectine durant l'obésité et le diabète de type 2 peuvent contribuer à la résistance à l’insuline, à l'hyperglycémie et à l'hypertension, toutes des caractéristiques du syndrome métabolique. En situation normale, les concentrations plasmatiques de testostérone sont positivement corrélées à l'adiponectine chez les hommes d'âge moyen. La résistine est principalement impliquée dans la modulation de la sensibilité à l'insuline et la différenciation des adipocytes. Chez les humains, les taux normaux de résistine se situent entre 2,5 et 21,5 ng/ml et sont corrélés avec la résistance à l'insuline chez les individus maigres et obèses. Avec sa production accrue liée à la sévérité de l'obésité, la résistine joue un rôle majeur dans l'accumulation de tissu adipeux et le développement du diabète de type 2. L'expression de la résistine a été caractérisée chez le testicule de rat au cours du développement postnatal. Ainsi, la résistine est l'une des hormones dérivées du tissu adipeux pouvant jouer un rôle dans la régulation des gènes stéroïdogéniques chez les cellules de Leydig. Dans le cadre du présent projet de recherche, nous voulons mieux définir quels sont les influences de l’adiponectine et de la résistine sur la transcriptomique des cellules de Leydig. Les résultats cumulés dans notre laboratoire suggèrent que les voies AMPK, MAPK, JAK/STAT et PPAR devraient être impliquées dans les mécanismes de régulation de la fonction des cellules de Leydig par l’adiponectine et la résistine. Ce projet est subventionné par la Fondation de recherche en santé du Nouveau-Brunswick (2018-2019).

 

Implications des membres de la famille de facteurs de transcription Sox dans la régulation de la stéroïdogenèse chez les cellules de Leydig

Chez les mammifères, la fonction gonadique est largement influencée par la stéroïdogenèse. Plus de 20 membres de la famille des facteurs de transcription Sox ont été caractérisés, dont plusieurs sont exprimés dans le testicule. Pour assurer leur spécificité d'action, ces protéines Sox comptent sur le recrutement de partenaires (co-activateurs et/ou autres facteurs de transcription) et sur les modifications post-traductionnelles. Cependant, leur rôle dans la régulation transcriptionnelle de la stéroïdogenèse n'a jamais été abordé. Par contre, des sites potentiels de régulation pour les membres Sox sont présents au niveau des promoteurs de plusieurs gènes stéroïdogéniques de mammifères. Les membres Sox pourraient donc jouer un rôle dans la régulation transcriptionnelle de la stéroïdogenèse chez les cellules de Leydig. Ces cellules fournissent la testostérone nécessaire pour le début et le maintien de la spermatogenèse. Ce projet de recherche vise à caractériser le rôle et les mécanismes d'action des facteurs de transcription membres de la famille Sox dans la régulation transcriptionnelle de gènes spécifiques aux cellules de Leydig à différents stades du développement. Ces résultats auront une grande importance pour la physiologie et l'endocrinologie comparative de la stéroïdogenèse gonadique chez les vertébrés. Ce projet est subventionné par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) 2012-2018.

 

Amélioration d'une approche chimiothérapeutique pour les traitement du cancer du testicule

Les tumeurs du testicule sont la principale cause de cancer chez les hommes entre 15 et 35 ans. L'incidence de ces tumeurs augmente constamment. Les facteurs de risque comprennent les testicules non descendus, le carcinome in situ, un précédent de tumeur contra-latérale, la stérilité et des niveaux élevés d'œstrogène. Pour les tumeurs des cellules de Leydig, elles représentent près de 50% des tumeurs du testicule chez les hommes infertiles, ce qui est considérablement plus fréquent que dans la population générale, où elles représentent 3% de toutes les tumeurs du testicule. Les tumeurs de cellules de Leydig peuvent présenter une perturbation des fonctions ainsi que des profils d'expression d'enzymes stéroïdes altérés, entraînant des anomalies endocriniennes. La tendance actuelle pour la gestion des tumeurs du testicule favorise la chirurgie conservatrice et la préservation des organes à des fins de fertilité et pour limiter les symptômes associés à une insuffisance d’androgènes. Plusieurs agents chimiothérapeutiques ont été suggérés pour le traitement des tumeurs de cellules de Leydig, y compris l'étoposide, l'ifosfamide et le cisplatine. Cependant, peu d'études ont évalué leurs mécanismes d'action ainsi que les conséquences de ces traitements sur la fonction des cellules adultes de Leydig, telles que leurs profils d'expression génique liés à la stéroïdogenèse ainsi que leur capacité de synthèse des androgènes. Nous avons récemment découvert que certains flavonoïdes contribuent à préserver la stéroïdogenèse chez les cellules de Leydig par augmentation de l'expression de la protéine régulatrice Star. Ainsi, un cotraitement des tumeurs de cellules de Leydig en présence de ces polyphénols pourrait aider à maintenir la production d'androgènes tout au long de la chimiothérapie ainsi que pendant la rémission. Ce projet de recherche améliorera nos connaissances actuelles sur le traitement du cancer des testicules tout en préservant la production d'androgènes. Ce projet a été subventionné par la Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick et la Beatrice Hunter Cancer Research Institute.


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Luc J. Martin, PhD
Département de Biologie
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