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Ancienne exposition permanente

1980 à 2003

L'ancienne exposition permanente du Musée acadien donnait un aperçu de l'histoire et de la culture matérielle des Acadiens de 1604 au 20e siècle.

Les divers sous-thèmes qui s'y trouvaient touchaient aux événements historiques importants ainsi qu'aux différents aspects de la vie quotidienne des Acadiens et Acadiennes. 

 

Volet Histoire

Les Amérindiens

À l'origine, l'Acadie était habitée par deux grandes tribus de la famille algonquine, les Micmacs, aussi appelés Souriquois, et les Malécites, également nommés Etchemins. Les Français, notamment les missionnaires, gagnèrent la confiance et l'appui des Amérindiens d'Acadie. L'influence de l'Europe sur la culture amérindienne fut ressentie en profondeur à tous les niveaux. Néanmoins, les colons profitèrent aussi des contacts avec les indigènes, puisque ces derniers leur montrèrent l'usage de la raquette, des mocassins, du canot d'écorce, etc.

La traite de la fourrure était à la base des échanges entre les Français et les Amérindiens. Les Français échangeaient, entre autres, des fusils, des chaudrons et de la verroterie contre les peaux de divers animaux tels que le castor, l'orignal et la loutre. Au point de vue militaire, les Amérindiens représentaient pour les Français un élément de défense majeur contre les Anglais.

Les découvreurs

De grands découvreurs tels que Christophe Colomb, Jean Cabot, Giovanni de Verrazano et Jacques Cartier ouvrirent la voie à plusieurs autres explorateurs attirés par les richesses de ce nouveau continent. Le contact avec cette partie de l'Amérique du Nord se maintint principalement par la pêche sur les bancs de Terre-Neuve et par la traite de la fourrure avec les Amérindiens. L'Acadie, au début du 17e siècle, était habitée par environ 15 000 Amérindiens. Deux grandes tribus y vivaient : les Micmacs et les Malécites.

Origine du mot Acadie

En 1523, au cours de son voyage le long des côtes de la Georgie jusqu'au Cap-Breton, Giovanni de Verrazano fut tellement émerveillé par la beauté de l'endroit qu'il nomma cette région Arcadie car elle lui rappelait l'Arcadie de la Grèce ancienne. Avec l'évolution et la précision de la cartographie nord-américaine, le "r" fut éliminé.

Selon les linguistes, le mot "cadie" utilisé pour désigner ce territoire vient du dialecte indigène. Le nom d'Acadie prendrait son origine soit du mot Micmac "Algatig", qui veut dire campement, soit d'une déformation du mot malécite "Quoddy", qui désigne des lieux fertiles tels que Shubenacadie, Tracadie et Passamaquoddy.

Île Ste-Croix

Pierre du Gua, Sieur de Monts, obtint du roi de France le monopole de la traite des fourrures en Acadie. Il organisa une compagnie et, accompagné de Samuel de Champlain, il traversa l'Atlantique en 1604 pour coloniser son nouveau domaine. Explorant les côtes de la Baie Française, ils s'établirent sur une petite île à l'embouchure de la rivière Sainte-Croix. L'hiver de 1604-1605 fut précoce et très dur pour les colons : mal protégés et mal nourris, trente-six des quatre-vingts colons périrent.

Port-Royal

L'hiver pénible passé à l'Île Sainte-Croix força le Sieur de Monts à chercher refuge ailleurs. Il opta pour Port-Royal, situé à l'autre côté de la Baie Française. Cet effort de colonisation ne dura cependant que huit ans; en 1613, une attaque anglaise menée par Samuel Argall détruisit Port-Royal.

Croissance de l'Acadie

Entre 1604 et 1670, la population acadienne se concentrait surtout à Port-Royal. À partir de 1670, on développa de nouveaux établissements; d'abord Chignectou, vers 1670, puis Les Mines, vers 1680. En 1713, on comptait environ 2 500 Acadiens. Plusieurs nouveaux villages furent fondés, si bien qu'on dénombrait environ 15 000 Acadiens en 1755. Le territoire acadien cédé par la France en 1713 se limitait à la péninsule de la Nouvelle- Écosse. En 1749, l'Angleterre fonda Halifax, nouvelle capitale de cette colonie. Les relations entre les Acadiens et les autorités anglaises s'altèrent, forçant beaucoup d'Acadiens à se réfugier dans les territoires français : l'Île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard), l'Île Royale (Cap-Breton) et le territoire actuel du Nouveau-Brunswick.

La Déportation

Les tensions entre les Anglais et les Français résultèrent en la déportation d'une grande partie de la population acadienne entre 1755 et 1763. Le premier embarquement eut lieu à Grand-Pré en octobre 1755. L'expulsion des Acadiens peut être expliquée par les facteurs suivants :

• La liaison entre Québec et Louisbourg par la voie de l'Acadie ennuyait les Anglais.
• Certains considéraient l'Acadie comme la clef de toutes les colonies de l'Amérique du Nord.
• Beauséjour et les établissements de la rivière Saint-Jean prenaient trop l'allure d'un foyer de colonisation française dans un territoire mal délimité.
• Les Acadiens possédaient les meilleures terres, ce qui nuisait à la colonisation anglaise.
• Les Acadiens persistaient à demeurer neutres.

L'exil

Environ 7 000 Acadiens furent déportés de la région de la baie Française en 1755, 3 500 de l'Île Saint-Jean en 1758 et plusieurs centaines d'autres les quelques années suivantes. La plupart étaient destinés à être assimilés dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre; plusieurs furent exilés en France et en Angleterre. De ceux-ci, un nombre important réussit à gagner la Louisiane, territoire français qui fut cédé à l'Espagne. On trouvait aussi des Acadiens réfugiés au Québec sur le long du fleuve Saint-Laurent et en Gaspésie. On déporta : 3 500 Acadiens en France et en Angleterre, 900 autres au Massachusetts, 675 au Connecticut, 200 à New York, 700 en Pennsylvania, 860 au Maryland, 1 150 en Virginia, 290 en North Carolina, 955 en South Carolina et 320 en Georgia.

Le retour

Après le traité de Paris en 1763, les Anglais permirent aux Acadiens de demeurer en Nouvelle-Écosse à deux conditions : ils devaient prêter un serment d'allégeance et se disperser en petits groupes. Cependant, de tous les exilés, un faible nombre revinrent s'établir définitivement en Acadie. Ceux-ci, avec les Acadiens qui avaient réussi à s'échapper de la Déportation, ont dû s'installer dans d'autres régions, leurs anciennes terres étant occupées par des colons anglais.

Les missionnaires

Après la dispersion, les Acadiens réorganisèrent leur vie religieuse en collaboration avec les missionnaires. Ces derniers donnèrent des structures religieuses à l'ensemble des établissements acadiens. À défaut de prêtre, un homme respecté dans la communauté disait la « messe blanche » et dirigeait les activités religieuses.

La nouvelle Acadie

Le rétablissement des Acadiens ne se fit pas sans difficultés : des nouvelles terres devaient être défrichées, parfois sous l'autorité de propriétaires exigeants. Les nouvelles régions peuplées par les Acadiens ne correspondaient pas en général aux anciens établissements d'avant la déportation.

Évangéline

Le poème Évangéline, écrit par l'Américain Henry Wadsworth Longfellow, fut publié en 1847. On compte aujourd'hui plus de 200 éditions différentes et environ 130 traductions. Deux fiancés d'Acadie, Évangéline Bellefontaine et Gabriel Lajeunesse sont séparés par la Déportation. Une seule pensée domine la vie d'Évangéline, celle de retrouver son Gabriel. Elle passe sa vie à le rechercher à travers le centre-ouest américain pour enfin le découvrir vieillard, mourant dans un hospice. Le poème est à la source d'un des plus importants mythes acadiens. Il eut comme conséquence d'éveiller, dès la deuxième moitié du XIXe siècle, une conscience collective et nationale. Ce poème souleva la critique littéraire et historique, mais le grand public se laissa charmer. Chez les Acadiens, le symbole se cristallisa dans l'artisanat, la sculpture, l'imagerie, le costume, le théâtre, la chanson, la peinture et les noms de personnes et de lieux.

Collège Saint-Joseph

L'un des phénomènes de la Renaissance acadienne fut l'organisation d'institutions d'enseignement supérieur. La période précédente avait contribué à un éveil national dû en grande partie à la diffusion d'écrits sur les Acadiens, tant historiques que littéraires. En 1854, le premier collège d'éducation de langue française dans les provinces Maritimes fut fondé à Memramcook grâce aux efforts de l'abbé François-Xavier Lafrance. Son oeuvre, qui échoua en 1862 suite à des difficultés financières, fut continuée en 1864 sous le nom de Collège Saint-Joseph, par le père Camille Lefèbvre. En 1963, l'Université Saint-Joseph devint l'Université de Moncton.

Les conventions nationales et la société l'Assomption

L'idée d'une convention nationale acadienne jaillit de l'expérience qu'avait vécue une quarantaine de délégués acadiens lors du congrès de la Société Saint-Jean-Baptiste du Québec en 1880. Dès 1881, les Acadiens organisèrent leur première convention. Durant les congrès qui suivirent, ils discutèrent surtout de langue, d'éducation et de religion. À Memramcook, en 1881, les Acadiens choisirent le 15 août, fête de l'Assomption, comme fête nationale. À Miscouche, en 1884, l'Ave Maris Stella devint l'hymne national, et le modèle du drapeau national fut accepté.

La première convention nationale de 1881 donna naissance à la Société nationale l'Assomption, chargée d'assurer l'organisation et la survie des congrès. Plus tard, en 1903, un groupe d'Acadiens réunis à Waltham, Massachussetts, forma une société de bienfaisance et de secours mutuels pour les Acadiens. Cette société prit le nom de Société mutuelle l'Assomption et dix ans plus tard, le bureau-chef fut transféré à Moncton. La Société mutuelle prit rapidement de l'ampleur. Afin d'éviter la confusion des noms, la Société nationale l'Assomption devint la Société nationale des Acadiens.

 

Volet Culture matérielle

Le mobilier

La robustesse, la sobriété et la rusticité caractérisaient le meuble acadien. Ce dernier était généralement construit en pin et assemblé avec tenons et mortaises. D'abord très modeste, le mobilier se composait ordinairement d'une table, de bancs, d'une armoire, de lits et de coffres à fonctions multiples. Au fur et à mesure que l'habitation se faisait plus spacieuse et plus sophistiquée, les meubles reflétaient l'amélioration dans la condition de vie des Acadiens. Avec la venue des meubles en série, l'Acadien comme les autres, eut tendance à acheter des meubles manufacturés.

Le costume

Le costume acadien a peu changé avant la deuxième moitié du XIXe siècle. On fabriquait les vêtements avec le lin, la laine et le cuir. L'Acadien portait des vêtements simples et pratiques : la culotte à clapet en laine et la chemise de toile de lin en constituaient les parties essentielles. Au travail, on portait le frac, une tuque de laine en hiver et un chapeau de paille en été, des chaussettes de laine dans des souliers de peaux ou des sabots de bois. À l'occasion, on portait le gilet, le capot d'habit, les souliers de cuir et le chapeau haut de forme.

Le costume de l'Acadienne était plus élaboré. Il comprenait une jupe ample de droguet à rayures, un mantelet d'indienne, une chemise de corps en coton, un mouchoir de cou blanc, une câline blanche, un tablier de coton, des souliers de cuir mou ou des sabots, des bas de laine, et un châle de laine noire.

Le recyclage des vêtements était pratiqué par les Acadiens. Les vieux habits étaient adaptés pour une personne plus petite ou encore pour une personne de l'autre sexe. Les habits trop usés servaient à la fabrication de tapis et de couvertures.

Les chaussures

À l'exception des sabots de bois, les Acadiens façonnèrent leurs chaussures à partir de la peau d'animaux domestiques ou sauvages. Ils fabriquèrent des mocassins, des canisteaux et des bottes sauvages. Ces techniques furent souvent empruntées aux Amérindiens. Plus tard, lorsque les communautés furent mieux organisées, cette tâche revint au cordonnier.

La laine

La laine de mouton était souvent utilisée dans la fabrication de vêtements et de couvertures. La confection d'étoffes de laine impliquait plusieurs étapes : le lavage et l'écharpillage, le cardage et le filage, le tissage ou le tricotage. Ces étoffes étaient parfois teintes avec des pigments tirés de racines, de plantes et de feuilles. Comme au Québec, la laine joua un rôle majeur dans l'adaptation au climat.

Le lin

Le lin était travaillé durant les longues journées d'hiver. Une fois tissé, on s'en servait pour confectionner des voiles de bateaux de pêche, des matelas, des tabliers, des nappes, des jupes, des chemises, des essuie-vaisselle et des sous-vêtements.

L'alimentation

Les Acadiens firent de la patate l'un des légumes les plus populaires de leur alimentation. Ils l'incorporaient aussi dans des recettes comme la poutine râpée et la râpure. Les poissons et les crustacés avaient une place de choix dans le menu. Le poisson se conservait salé, fumé ou séché. Sous l'influence des Amérindiens, la passe-pierre, la tétine de souris, la tête de violon et la plaquebière étaient ramassées sur la grève, dans les marécages, les forêts et les champs. Les herbages servaient dans la préparation de médicaments.

Les outils

Aux XVIIe et XIXe siècles, les Acadiens utilisaient des outils d'origine ou d'influence européenne, souvent importés de la Nouvelle-Angleterre. Toutefois, la fabrication locale par le forgeron ou l'habitant demeurait importante et même nécessaire.

La pêche

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la colonisation de nouvelles terres se faisait presque exclusivement en bordure de la mer ou d'une rivière. La proximité de l'eau permettait au laboureur de suppléer à son alimentation par la pêche : les mollusques, les crustacés et le poisson étaient en abondance. Certaines régions offraient à l'habitant surtout une vie de pêcheur.

L'agriculture

Avant la Déportation, les Acadiens cultivaient les prés salés. Après 1763, ils durent en général s'établir sur des terres moins fertiles, quoiqu'à plusieurs endroits, ils continuaient à exploiter les prés. Avec l'accroissement de la population, les terres se faisaient plus rares. Le mouvement de colonisation à l'intérieur des terres au milieu du XIXe siècle contribua à étendre l'activité agricole chez les Acadiens. Pendant longtemps, les instruments aratoires étaient de fabrication artisanale. Ce n'est que vers la fin du XIXe siècle que les Acadiens achetèrent des outils manufacturés.

Les engrais

La variété d'engrais utilisés ne faisait certes pas défaut : poisson, crustacés et fumier pouvaient être employés. Un engrais très original fut la boue tirée de baies mortes, extraite sous la glace en hiver. Cette boue, épandue sur les champs, engraissait la terre pour plusieurs années.

Les défricheurs d'eau

La conquête du terrain sur la mer avait été pratiquée au Poitou et sur les côtes de l'ouest de la France bien avant la colonisation de l'Acadie. Les colons adaptèrent au milieu une technique connue sous le nom d'aboiteau. L'aboiteau était un conduit construit en bois; il était installé sous la levée ou digue et était muni d'un clapet qui avait pour fonction de laisser drainer l'eau de la canalisation du marais vers la mer à marée basse et d'empêcher la mer d'y pénétrer à marée haute. L'assèchement du terrain et l'entretien des canaux et des aboiteaux était une tâche que se partageaient les habitants du village. Au début, on y faisait la culture des céréales, du foin et parfois des légumes, mais au XIXe siècle, on y faisait surtout la culture du foin.

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