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Lundi 19 Mars 2012

Colloque international du CRLA et CoDiRe et IRFFLE : la date limite pour soumettre une proposition est le samedi 31 mars

Le Centre de recherche en linguistique appliquée de l’Université de Moncton et CoDiRe & IRFFLE de l’Université de Nantes organisent le deuxième volet d’un colloque international, ayant comme thème « La construction discursive du “locuteur francophone” en milieu minoritaire. Problématiques, méthodes et enjeux », les 4, 5 et 6 octobre au campus de Moncton.

Ce deuxième volet est organisé en collaboration avec le projet « Le français à la mesure d’un continent », dirigé par France Martineau de l’Université d’Ottawa et subventionné par le Conseil de recherches en sciences du Canada dans le cadre des Grands travaux de recherche concertée, et du Centre d’études françaises et francophones de la Louisiana State University de Bâton Rouge.

La date limite pour soumettre une proposition est le samedi 31 mars (crla@umoncton.ca).

Les conférenciers suivants ont confirmé leur présence : Cécile Canut, de l’Université Paris–Descartes; Sylvie Dubois, de Louisiana State University; Alexandre Duchêne, de la Haute École pédagogique de Fribourg; Monica Heller, de l’University of Toronto; Jean-Marie Klinkenberg, professeur émérite de l’Université de Liège; France Martineau, de l’Université d’Ottawa; et Salikoko Mufwene, de l’University of Chicago.

Le premier volet de ce double colloque, intitulé « Sens et signification dans les espaces francophones », se déroulera à Nantes du 19 au 21 avril. Un troisième volet est prévu autour de la thématique générale de ce double colloque en octobre 2013 à Bruxelles. Ce troisième colloque sera organisé dans le cadre de la plateforme internationale de recherche GRAMM-R, par Vrije Universiteit Brussel, l’Université Libre de Bruxelles, l’Université de Liège et l’Université de Nantes.

L’objectif du colloque est d’interroger les concepts et les discours qui ont servi à la construction du « francophone », considéré souvent comme le même partout dans la francophonie, sans tenir compte de l’hétérogénéité et de la diversité qui le constituent. Jugés à l’aune d’un français unique, les francophones des milieux minoritaires ou périphériques se voient parfois remis en doute dans leur qualité même de locuteurs du français.

Par ailleurs, le discours portant sur la diversité devenu dominant depuis les années 1980 n’a pas pour autant réglé le problème. Le francophone est maintenu à l’intérieur de frontières territoriales et identitaires étroites, ce qui donne lieu à une multitude d’identités régionales rattachées à des « langues locales » et qui reproduisent, dans certains cas, le schéma ancien d’une langue et d’une culture liées à un lieu spécifique, comme c’est le cas en Amérique du Nord.

Ce processus a été accéléré par la nouvelle économie mondialisée où le tourisme culturel a notamment misé sur le culte des différences.
Dans la foulée de cet élan pour les « cultures locales », les travaux sur la langue du francophone ont, dans le meilleur des cas, montré la pluralité des formes que peut prendre sa langue, mais dans certaines limites (sur le plan phonétique et lexical surtout); dans le pire des cas, ils ont figé cette langue dans l’exotisme linguistique qui mène à la stéréotypie. Le francophone ne devient plus qu’un diversifié - un Acadien, un Québécois, un Wallon, enfermé dans une catégorie stérile dont il a du mal à se défaire. Certes, la situation est différente en Afrique où le plurilinguisme des locuteurs est maintenant perçu comme libérateur, mais l’impact des discours essentialistes provenant de l’Europe (surtout de la France) n’est pas non plus à négliger.

Ces nouvelles reconfigurations locales répondent souvent à des impératifs culturels et économiques (les deux étant liés) qui tentent d’afficher l’authenticité des cultures et des langues dans une francophonie qui peine à montrer sa diversité (Heller et Labrie 2003). Mais l’hétérogénéité constitutive des francophones continue d’être niée dans ces nouveaux schémas, le folklore s’étant substitué à l’homogène pour faire place à une essentialisation des langues et des cultures qui n’en est que renforcée.

On dira ainsi que les Suisses francophones sont et parlent de telle façon, les Québécois de telle autre, les Acadiens aussi et ainsi de suite. Rattachées à l’imaginaire du même, les catégories sociales naguère créées à partir de ceux qui « parlent bien » et de ceux qui « parlent mal » rivalisent avec celles créées à partir de la vision idéalisée de la diversité tous azimuts qui renvoie à une nouvelle compartimentation (Canut et Duchêne 2011), fondée cette fois sur de nouvelles hiérarchisations linguistiques (maternelle / nationale, nationale / internationale, minoritaire / nationale) (Ibid : 7).

Appréhender la question du locuteur francophone en milieu minoritaire nécessite de s’interroger sur le poids des idéologies linguistiques véhiculées dans les discours depuis les premiers mouvements d’expansion du français et d’analyser les méthodes et les concepts qui ont favorisé une vision microscopique des phénomènes linguistiques souvent au détriment d’une vision d’ensemble de la situation. L’hyperspécialisation dans certains courants de la linguistique et la compartimentation des savoirs qui en résulte ont fait en sorte d’exclure les explications d’ordre politique et social des phénomènes linguistiques et ont mis au rancart les idéologies linguistiques à la base de leur construction.

Il s’agira donc dans ce colloque de poursuivre l’interrogation suscitée par « Le français dans l’espace francophone » (Robillard et Beniamino 1993) et « L’Insécurité linguistique dans les communautés francophones périphériques » (Francard et alii 1993). Les deux ouvrages publiés la même année mettaient l’accent sur la pluralité des espaces francophones, sur les différentes façons de se concevoir comme francophones et appelaient (indirectement) à une sociolinguistique de la périphérie, en écho aux textes de Robert Lafont publiés à partir de 1952.

Quels discours les scientifiques ont-ils produits sur les « francophones » et leurs langues en milieu minoritaire ? Comment ces discours ont-ils été relayés dans le grand public ? Que veut dire le terme « francophone » pour les locuteurs des régions périphériques ? Est-il lié à une identité quelconque ? Quels sont les discours des locuteurs eux-mêmes au sujet de leurs pratiques et de celles des autres ? Quelles sont les stratégies les plus couramment en usage pour se positionner entre uniformisation et différenciation ? Comment ces discours sont–ils liés aux discours institutionnels de la francophonie ? Quels sont les rapports de pouvoir qui s’exercent et comment se manifestent-ils ? Même si tous les francophones vivant dans les milieux périphériques n’ont pas été colonisés au sens propre, leur imaginaire n’a-t-il pas été façonné dans un rapport de type colonial ?

Ce sont ces questions et à d’autres encore sur lesquelles on vous invitera à réfléchir dans le cadre de ce colloque international.

Les frais d’inscription au colloque (incluant les repas du midi et les pauses santé) sont de 100 $ par personne participante, et sans frais pour les étudiants et les étudiantes.

Renseignements : 506-858-4057.
Source :
Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate -
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