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Vendredi 26 Novembre 2010

Soutenance de thèse de doctorat d’Isabelle Violette en cotutelle avec l’Université François-Rabelais

La photo nous fait voir, de gauche à droite, Alexandre Duchêne, directeur de l’Institut de plurilinguisme à l’Université de Fribourg, en Suisse, examinateur externe; Lise Dubois, doyenne de la Faculté des études supérieures et de la recherche, en remplacement de Souad H'Mida, vice-doyenne FESR, présidente; Philippe Blanchet, de l’Université Rennes 2 en France, examinateur externe; Isabelle Violette, docteure en sciences du langage; Didier de Robillard, de l’Université François-Rabelais, directeur de thèse; Annette Boudreau, du Département d'études françaises de l’U de M, directrice de thèse; et Chedly Belkhodja, de l’U de M, examinateur interne.
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La Faculté des études supérieures et de la recherche, en collaboration avec le Comité des études supérieures du Département d’études françaises de la Faculté des arts et des sciences sociales, a invité la communauté universitaire à assister à la soutenance de thèse de doctorat en sciences du langage d’Isabelle Violette, intitulée « Immigration francophone en Acadie du Nouveau-Brunswick : langues et identités. Une approche sociolinguistique des parcours d'immigrants francophones à Moncton », réalisée dans le cadre d'une entente de cotutelle entre l'Université de Moncton et l'Université François-Rabelais de Tours en France.

Isabelle Violette a mérité les plus hautes distinctions pour son travail de doctorat portant sur l’immigration francophone en milieu minoritaire à partir du contexte acadien néo-brunswickois.

Partant du fait que l’Acadie du Nouveau-Brunswick constitue une minorité nationale non territoriale en situation de diglossie, Mme Violette propose d’appréhender l’immigration francophone comme un analyseur de tensions et de confrontations socio-identitaires et linguistiques au sein de la société acadienne d’accueil. De manière plus approfondie, l’objectif de son travail est de comprendre le rôle des langues dans le projet migratoire et le projet d’intégration des immigrants francophones à Moncton, centre urbain bilingue du sud-est de la province.

Ainsi, tout en défendant un regard interdisciplinaire, cette thèse est résolument ancrée dans une perspective sociolinguistique de l’immigration francophone en Acadie. En raison de la complexité des enjeux linguistiques dans le contexte francophone minoritaire, étudier l’immigration par le prisme de la langue constitue une façon innovante de faire ressortir les transformations sociopolitiques de la société acadienne. La thèse met en valeur une situation de minoration imbriquée : une minorité linguistique cherche elle-même à se construire comme société d’accueil à l’égard de minorités ethnoculturelles francophones. Mme Violette adopte une approche interprétative et qualitative afin de privilégier une construction de savoirs à partir du sens donné par les acteurs directement impliqués dans les phénomènes sociaux et linguistiques à l’étude.

À partir d’une analyse des discours politico-institutionnels, Mme Violette montre de manière critique comment l’immigration francophone est devenue un dossier politique prioritaire au sein des instances gouvernementales et des organismes francophones porte-parole : l’attraction et la rétention d’immigrants francophones au sein des communautés minoritaires sont désormais clairement associées à la survie démographique de ces dernières.

Elle analyse également le processus de redéfinition identitaire des communautés francophones minoritaires eu égard à la diversification culturelle de leur population. En voulant démontrer leur caractère ouvert, ces communautés tendent de plus en plus à évacuer les facteurs d’identification ethniques et à miser sur le partage du français comme dénominateur identitaire commun. Mme Violette examine plus particulièrement le processus de révision des critères d’appartenance traditionnels qui prend forme en Acadie du Nouveau-Brunswick.

Par l’intermédiaire d’une confrontation des regards de militants acadiens et d’immigrants francophones, l’analyse des discours identitaires révèle des points de tension et de divergence, notamment autour du poids accordé à la dimension ethnique de l’identité acadienne. Un terrain d’entente identitaire entre les deux groupes se dessine toutefois autour de l’appartenance à un lieu commun. En effet, si devenir Acadien demeure problématique pour les immigrants, il ressort de l’analyse que l’intégration à la communauté d’accueil locale tend à prendre la forme d’une identification à l’Acadie comme espace de vivre ensemble.

Cette thèse se penche ensuite sur le rôle que jouent les représentations et les idéologies linguistiques des immigrants dans leurs dynamiques de rapprochement et de distanciation face à la société acadienne d’accueil de la région de Moncton. Si plusieurs travaux portent sur les représentations linguistiques des Acadiens en lien avec la construction identitaire en milieu francophone minoritaire, aucune recherche ne s’était jusqu’à alors penchée sur les rapports aux langues qu’entretiennent des locuteurs issus d’immigration vivant en Acadie du Nouveau-Brunswick. À partir de récits de vie d’immigrants, Mme Violette examine les tensions qui entourent la notion de bilinguisme, les rapports entre les deux communautés linguistiques ainsi que les variétés de français régionales, en particulier le chiac qui constitue en quelque sorte l’emblème linguistique de la région de Moncton. Il est montré que le fait de parler français ne constitue pas un marqueur identitaire neutre et homogène qui faciliterait automatiquement l’intégration à la communauté francophone. Au contraire, les immigrants francophones sont confrontés dans leur milieu d’accueil à des pratiques linguistiques qui entrent en conflit avec leur conception normative du français mais qui, en même temps, sont légitimées comme mode de communication locale et comme expression d’une identité francophone distincte. Par ailleurs, les immigrants reconnaissent au chiac une importante valeur d’intégration à la communauté acadienne locale marquant ainsi l’importance de l’usage des variétés de langues non standard pour être considéré comme un «Acadien d’adoption».

En étant la première thèse de doctorat portant sur l’immigration francophone en Acadie du Nouveau-Brunswick, ce travail souhaite interpeller plusieurs chercheurs en sciences humaines et sociales et souhaite par le fait même, contribuer à un élargissement des savoirs produits sur et en Acadie.
Source :
Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate -
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