Traduction et déplacements identitaires : conférence publique prononcée par Alicja Zuchelkowska
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| La photo nous fait voir, de gauche à droite, Daniel Thomas et Gabriel Chiasson, étudiants en traduction; Alicja Zuchelkowska, conférencière; Jolaine Arseneau, étudiante en traduction; Matthieu LeBlanc, directeur du Département de traduction et des langues; Chad Comeau et Marc-André Haché, étudiants en traduction.
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Le Département de traduction et des langues de l’Université de Moncton a proposé une
conférence publique prononcée par Alicja Zuchelkowska, de l’Université Adam
Mickiewicz, Poznan (Pologne), intitulée « Traduction et déplacements identitaires : du
Canada français minoritaire vers la Pologne ».
Dans son exposé, la conférencière a entamé une réflexion portant sur la
problématique des démarches traductives nécessitées par le transfert d’une langue et
d’une culture minorisées et fragilisées par une histoire perturbée vers une langue et
une culture nationales et identitaires solides malgré son histoire tumultueuse.
Mme Zuchelkowska a aussi discuté les difficultés de traduction que présentent les
pratiques discursives considérées comme périphériques par rapport aux usages standards
d’une langue du fait qu’elles ne reproduisent pas la norme. Pour ce faire, ses
exemples se rapportaient aux traductions polonaises de quelques œuvres franco-canadiennes
choisies dans lesquelles il y a un projet de « construction » identitaire de
communautés minoritaires aliénées à partir des vestiges d’une identité qui se
désintègre au fil du temps.
Dans ces conditions, une question se pose au traducteur : Comment « déplacer » ou bien
encore réactiver la construction identitaire du texte source dans la langue d’arrivée?
En effet, l’incompatibilité tant des ressources linguistiques que des contextes
sociolinguistiques propres aux communautés concernées, en l’occurrence les
communautés canadiennes francophones minoritaires et polonaise, pose un défi de taille
au traducteur polonais. Certes, en traduisant, on tâche de « déplacer » dans la langue
d’arrivée, le plus fidèlement possible, le contenu tant formel que sémantique, voire
connotatif du texte. Mais à bien considérer les choses, le fait de le « déplacer »,
ne sous-entendrait-il pas des modifications qui puissent gommer le caractère identitaire
du texte?
Car en définitive, dans ce cadre, l’objectif de la traduction ne consisterait-il pas à
« déplacer » l’identité francophone telle qu’exprimée dans le texte source dans
la langue polonaise en s’assurant d’une perception ou d’une réception qui soit la
plus fidèle possible à l’original?
Une microanalyse des stratégies de traduction retenues par les traductrices et
traducteurs polonais a suivi en vue de sensibiliser le public cible à la réalité
d’être francophone minoritaire au Canada.