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Historique du CFMNB
Historique de la formation médicale francophone au N.-B. Introduction Depuis plus de vingt-cinq ans, le Nouveau-Brunswick oeuvre dans la formation médicale par l'entremise de l'Entente Québec/Nouveau-Brunswick qui a débuté dès 1969. Au début des années 1980, le gouvernement du Nouveau-Brunswick décide de mettre en place le Programme de formation médicale francophone du Nouveau-Brunswick (PFMFNB) en renforçant l'entente de partenariat avec le Québec qui avait débuté en 1969. L'Entente visait l'augmentation du nombre de professionnels francophones de la santé qui s'établiraient dans les régions francophones du Nouveau-Brunswick afin de pallier à la pénurie de médecins dans ces régions, en majorité rurales. La stratégie de l'Entente est basée sur la rétention des diplômés dans les régions rurales et dans leur milieu d'origine en exposant les étudiants très tôt dans le curriculum, à la possibilité de faire leurs stages cliniques en région, afin qu'ils y retournent une fois leurs études complétées.
Inauguration du Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick. De gauche à droite : Dr Aurel Schofield, directeur et doyen associé; Yvon Fontaine, recteur de l’Université de Moncton, le premier ministre d’alors, Bernard Lord; Dr Réjean Hébert, doyen et Dr Paul Grand’Maison, vice-doyen prédoctoral de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, Erica Doucet, étudiante et Dr Édouard Hendricks de l’Hôpital régional d’Edmundston. Stratégies gagnantes Au cours des années, trois stratégies porteuses et garantes de succès furent mises en place grâce à la collaboration du gouvernement du Nouveau-Brunswick et la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Ces stratégies sont : L'augmentation du nombre de places en médecine Dès 1969, le gouvernement du Nouveau-Brunswick conclut une entente avec le gouvernement du Québec afin d'assurer la disponibilité d'un certain nombre de places aux étudiants du Nouveau-Brunswick qui veulent poursuivre leur formation médicale à l'Université Laval, à l'Université de Montréal et à l'Université de Sherbrooke. Au début des années 1980, malgré l'existence de cette entente, le Nouveau-Brunswick se retrouve toujours confronté à une importante pénurie de médecins francophones. La communauté se mobilise et tente de trouver d'autres solutions. Ainsi, le nombre de places disponibles en médecine pour les étudiants du Nouveau-Brunswick dans les universités du Québec passe de douze à vingt en vertu de l'Entente Québec/Nouveau-Brunswick. Mise en place d'un processus d'admission concerté La deuxième stratégie gagnante fut la mise en place d'un processus d'admission concerté entre les trois facultés de médecine francophones du Québec en collaboration avec l'Université de Moncton. Dans ce contexte, l'Université de Moncton assume la coordination de toutes les demandes d'admission et agit comme agent de liaison entre les universités du Québec et les étudiants du Nouveau-Brunswick. Grâce à ce processus concerté, les étudiants du Nouveau-Brunswick se font concurrence entre eux pour les places disponibles au lieu d'être en compétition avec l'ensemble de la cohorte du Québec. Mise en place d'un programme de stages cliniques basé dans la communauté La troisième stratégie fut la mise en place d'un programme de stages cliniques basé dans la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Ce programme, initié en 1981, a été la fondation sur laquelle s'est bâtie par la suite toute la formation médicale francophone de la province. En 1985, Moncton accueille la première unité lourde (six mois) de formation en médecine de famille. En 1989, la première unité extérieure (trois mois) de formation en médecine de famille voit le jour à Edmundston alors que la région de Moncton reçoit les premiers externes au stage de médecine de famille et soins aigus de première ligne. Plusieurs stages réguliers et optionnels en médecine de famille, de même que des stages optionnels en spécialités, sont progressivement développés surtout dans la région de Moncton mais aussi ailleurs dans la province. Enfin, depuis 1987, les stages d'immersion clinique de première et deuxième années du Programme de médecine de Sherbrooke sont offerts dans les quatre régies à majorité francophones de la province. Rapatriement des places en médecine à l'Université de Sherbrooke En 1996, une décision fut prise de concentrer 75 % des 24 étudiants francophones du Nouveau-Brunswick admis en médecine dans une seule faculté au lieu de les répartir entre les trois facultés de médecine francophones du Québec. Cette décision fut prise en concertation, par la direction du PFMFNB, les régies régionales de la santé à prédominance francophone et le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Depuis 2003, l'Université de Sherbrooke admet 24 étudiants du Nouveau-Brunswick sur un total de trente étudiants, les six autres sont toujours admis dans les universités de Montréal ou de Laval. Délocalisation progressive de la formation en médecine La formation aux niveaux prédoctoral et postdoctoral, donnée au départ complètement au Québec, s'est progressivement délocalisée vers le Nouveau-Brunswick. Depuis 1999, l'Université de Sherbrooke offre le programme complet de la formation en médecine de famille au Nouveau-Brunswick, principalement à Moncton avec une collaboration des milieux de soins ailleurs dans la province. Les résidents de cette spécialité ont pu ainsi compléter une partie de plus en plus grande de leur formation au Nouveau-Brunswick, ce qui a nettement favorisé le retour des professionnels de la santé dans la province. Stages cliniques Vers cette période (1989), des stages d'externat pour les étudiants inscrits au doctorat en médecine sont progressivement mis en place. Le nombre de stages pour des résidents en spécialité a également connu un essor pendant cette période, étant favorisé par l'exigence plus grande de la part des facultés de médecine pour la formation en région. Centre de formation médicale sur le campus de l'Université de Moncton À compter de 2003, la contribution de Santé Canada via le Consortium national de santé en français (CNFS), a été déterminante pour le développement et la consolidation de la formation en français dans le domaine de la santé. Le CNFS a contribué à la délocalisation du Programme de doctorat en médecine (m.d.) de l'Université de Sherbrooke en appuyant la mise en place du nouveau Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick (medecine), hébergé à Moncton, sur le site de l'Université de Moncton.
Première cohorte d’étudiantes et d’étudiants L'apport du CNFS a aussi servi à bonifier les différentes structures mises en place au Nouveau-Brunswick au fil des ans et au déploiement en région. De plus, le CNFS a permis l'élargissement des stratégies existantes vers d'autres régions en atlantique, en misant notamment sur l'augmentation des admissions en médecine; l'augmentation du nombre et du choix des stages cliniques et leur capacité d'accueil et sur le développement de nouveaux sites de stages. Le rapport d'étape 2006 fait état des réalisations de l'Entente Québec/Nouveau-Brunswick au 31 mars 2007. Conclusion La communauté francophone s’est prise en main pour sa formation médicale grâce à un partenariat qui a débuté au début des années 1980 entre quelques individus déterminés. À l’origine du projet de la formation médicale au Nouveau-Brunswick, il y a eu une volonté et un désir de créer un système de santé équitable pour les francophones du Nouveau-Brunswick vivant en milieu minoritaire. Progressivement, une structure de gouvernance a vu le jour dont l’aboutissement est une formation médicale basée dans la communauté et orientée vers les besoins. La délocalisation du Programme d’études médicales prédoctorales constitue donc une première au sein de la Francophonie minoritaire canadienne et représente un intérêt pour la formation médicale en région de par le monde.
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